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La Bible et la vie

> Pour toi, quand tu veux prier,
entre dans ta chambre la plus retirée… (Mt 6,5-8)

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[Si vous vous servez de ce texte, merci d'en indiquer la source]

Il entra dans la vieille ville par l'antique porte voûtée, sa serviette dans une main, dans l'autre un sac bourré de provisions.
Il enfila une ruelle,
entra dans une maison,
salua dans l'escalier la voisine du premier.
Trois étages, et enfin la porte de son appartement.
Comme chaque soir, le chat miaulait – l'attendait.
Il tira sa clef,
ouvrit,
posa ses paquets,
et fit fête à la petit boule de poils qui se frottait contre lui.
Il ressortit sur le palier. Il logeait sous les toits ; à côté de sa porte, une autre ouvrait sur le galetas. Il y pénétra, laissa à gauche le débarras où il fourrait en vrac toutes sortes d'objets utiles et inutiles, et se glissa dans un couloir sombre qui contournait les remises des autres locataires.
Au fond du couloir, une porte,
qu'il poussa.
Il ne se souvenait pas d'avoir jamais pénétré dans cette pièce –
pourtant il la reconnut.
En forme de croissant de lune,
éclairée par trois grandes fenêtres,
elle était vide.
Sur les murs,
au plafond,
des fresques aux couleurs de l'automne :
rouge et or.
Il entra dans la lumière douce et vive
du soleil déclinant.

*

Alors il se réveilla,
profondément en paix.
Son rêve l'avait guidé jusque dans sa chambre la plus retirée.
Vous savez bien de quoi je parle : cette chambre, tout au fond de vous, au plus secret de vous ; vous savez qu'elle existe et pourtant vous n'en trouvez pas toujours le chemin. Devant la porte qui la ferme s'amassent parfois tant de choses, de peines, de regrets, de soucis, de peurs…

Dans cette chambre vit le meilleur de vous, là coulent la source de l'amour, la source de la prière. La source de la joie.

Souvent vous y êtes, et ne le savez pas vous-mêmes. D'instinct vous y puisez les forces dont vous avez besoin ; c'est là que vous trouvez les paroles et les gestes qui consolent, réconfortent, encouragent. C'est là que souffle l'Esprit de Dieu et que se déposent les paroles qu'il nous dit.

*

Lorsque l'enfant était enfant, il jouait – il était tout entier dans son jeu. Il ne se regardait pas jouer, il ne se demandait pas s'il faisait bien de jouer.
Et il en est toujours ainsi, pour chacun de nous – malgré certaines apparences.
Malgré tout ce qui nous tire à hue et à dia, qui nous fait froncer les sourcils et nous donne un visage soucieux ou tendu.

L'enfant en chacun de nous continue de vivre. Lorsque nous le laissons parler, il dit l'amour qui vibre au fond de nos cœurs, il dit la foi et l'espérance qui nous tiennent debout. Il dit la joie et la paix. Il n'a pas peur du ridicule.

L'enfant qui est en nous entend les paroles que Dieu nous adresse ; ces paroles qui viennent se déposer tout au fond de nous, et qui lentement mûrissent – sans que nous nous en rendions compte.

Et lorsqu'elles ont mûri, sans que nous nous en rendions compte, nous les exprimons à notre tour. Nous devenons des témoins, nous devenons des anges, c'est-à-dire des messagers de Dieu. Alors, quoi que nous fassions, la bonne nouvelle de l'amour et de la fraternité s'exprime par nos actes et par nos paroles, et sans le savoir nous la transmettons – à nos enfants, à nos voisins, à nos amis.

*

Ecoute, Israël…

Yolande Nicole Boinnard

 

© Yolande Nicole Boinnard, 2008

 

 



 

 
           
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