fleurs gauche yolande boinnard

La Bible et la vie

> On dit qu'il marche avec nous

droite
 
     

    

 

 
   
Retraites Méditations
  - Retraite au Carmel de Mazille
   
Accompagnement spirituel
 

- Soutien, écoute
- Accompagnement spirituel
- Groupe de parole

   
La Bible et la vie
  - Textes inédits
   
Yolande Boinnard
  - Yolande Boinnard
- Publications
- Inscription, contact
- Accueil
 

[Si vous vous servez de ce texte, merci d'en indiquer la source]

Longue marche.

Le problème n'est d'ailleurs pas tellement qu'elle soit longue :

on le savait, on est parti pour la grande étape, bien équipés

bonnes chaussures, à boire et à manger dans les sacs.

Le problème, on s'en rend vite compte après les quelques premiers kilomètres, c'est la patience :

un pas,

un autre,

un troisième.

Lente marche,

un pas après l'autre.

Sans précipitation.

Mais sans hésitation : notre pas est sûr.

Nous avons appris à marcher, nous avons appris à mesurer l'effort, à donner l'exacte quantité d'énergie nécessaire.

Nous marchons.

Je découvre que le plus dur n'est pas la montagne,

l'escalade,

les rochers,

la peur du vide :

le plus dur, c'est la plaine.

Un pas,

encore un  pas,

et un autre.

Le plus dur, c'est la patience.

Le paysage change peu - il change, bien sûr, du moins on veut le croire : puisqu'on avance, il doit changer !

Il change si lentement qu'on ne s'en aperçoit pas.

Avance-t-on vraiment ?

Pour un moment de splendeur après sueur et souffle court dans la montée,

combien d'heures de cette plaine immobile,

un pas,

puis un autre,

tous semblables…

On dit que tu es là quelque part

que tu marches aussi :

un pas, puis un autre.

Moi aussi, je dis que tu es là,

moi aussi je le crois, je ne peux pas m'empêcher d'y croire…

Pourquoi ?

Rien pourtant n'est moins évident.

Tu ne te manifestes pas beaucoup,

tu ne raccourcis pas les étapes

n'enlèves pas les pierres du chemin,

n'interromps ni pluie ni vent,

ni le soleil lourd, lourd…

Tu n'allèges pas les sacs

ni ne soignes les blessés,

tu n'embellis pas le paysage

ni ne changes notre eau en vin.

Mais on dit que tu es là quelque part,

que tu marches aussi,

et je crois que c'est vrai.

Tu ne rends pas mon pas plus léger,

tu ne changes rien à la monotonie du chemin :

la lente marche reste ce qu'elle est.

Pourtant, si je ne te savais là,

mon pas depuis longtemps se serait arrêté.

Car c'est en toi que prend sa source la patience,

la longue patience,

l'indispensable patience.

Et si j'ignore le but de la marche,

qu'importe :

tu le connais.

 

©Yolande Nicole Boinnard 2009

 
           
Retraites, méditation | Accompagnement | La Bible et la vie | Yolande Boinnard