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La Bible et la vie> Avent, attente (Luc 3,10-18) |
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Avent – attente. Attendre le bus, quande la bise souffle Attendre les amis : je me réjouis de la rencontre… Mon compagnon a subi des examens médicaux, et nous en attendons les résultats. Attente – tension : Je voudrais vraiment obtenir quelque chose. Médecin ou thérapeute, je voudrais que mes patients guérissent ; pasteure, je voudrais que mes paroissiens forment une vraie communauté ; mère, je voudrais que mes enfants cessent de se jalouser. Je voudrais que la vie soit différente, que mes collègues de travail me montrent plus de respect, que l'ouvrier qui répare ma salle de bain soit moins insolent. Je voudrais que Dieu…… Attente – tension. Attentes que je pose sur les autres, et qui sont déçues, presque toujours : parce que les autres ne sont pas là pour répondre à mes attentes, ils sont là pour vivre leur propre vie, pour aller leur propre chemin. Attente des jours meilleurs : et j'oublie qu'aujourd'hui a toute son importance, que l'essentiel se passe ici et maintenant. "Le peuple était dans l'attente, et tous s'interrogeaient dans leur cœur" (Luc 3, 15). Attente – ouverture : non plus tension, mais attention. Question. Peut-être tournaient-ils en rond dans la banalité de l'existence, dans la médiocrité de leur vie monotone et sans éclat ; et voilà que leur regard est attiré, que leurs oreilles se tendent, qu'ils se redressent… Je pense à ma chatte, lorsqu'un bruit inconnu la tire d'une semi torpeur. Yeux grands ouverts, oreilles dressées, elle observe, prête à agir ou à réagir. Ou, pourquoi pas, à retourner à son coussin, si le jeu n'en vaut pas la chandelle. Attente. Quelque chose se passe là, au bord du Jourdain, autour de Jean-Baptiste ; quelque chose éveille l'espérance, réveille les hommes et les femmes qui en sont les témoins. Les rend vivants. Ce quelque chose les fait penser qu'en Jean-Baptiste le Christ, le Messie, le Sauveur d'Israël, est présent. Parce qu'il annonce que Dieu est là, que Dieu est proche. Parce qu'il s'intéresse à la vie des gens, à leur existence concrète, et qu'il leur donne des clés toutes simples pour que cette existence se déroule dans la justice, et donc dans le bonheur. Il ne les accable pas sous des fardeaux insupportables, ne leur demande aucun exploit irréalisable. Il invite simplement à être solidaire et fraternel : si d'aventure tu as deux tuniques (il fallait déjà être un peu à l'aise pour avoir deux tuniques ; la plupart des gens en avaient une seule), fais-en profiter quelqu'un qui n'en a pas. Ouvre ta table et partage ton pain. Fais ton métier correctement, sans escroquer personne, sans t'enrichir indûment sur le dos des autres. C'est à la portée de tous les hommes, de toutes les femmes de bonne volonté. Je ne suis pas le Messie, dit le Baptiste. Le Messie est bien plus fort que moi. Il ne se borne pas à annoncer que Dieu est proche : il est Emmanuel, Dieu au milieu de nous. Mieux encore. Jean-Baptiste tient dans ses mains l'eau du Jourdain, hommes et femmes viennent à lui pour se purifier, purifier leur vie. Mais il ne peut bouter le feu – le feu appartient au Messie. Par sa présence, par sa simple présence, il peut brûler, en chacun, en chacune, ce qui fait obstacle à la vie, pour faire fructifier ce qui la nourrit. Je suis sûre qu'il vous est arrivé de prier, de supplier, pour que soit réduites en cendres ces choses qui vous habitent et vous gâchent la vie : des rancunes, d'antiques tristesses nées d'antiques blessures, des attachements paralysants à des objets qui vous encombrent, des liens malsains qui parfois vous attachent à des personnes proches. Le Christ allume un feu qui peut consumer tous ces poids morts – pour peu que nous y consentions. L'eau purifie, le feu purifie. L'une et l'autre libèrent. Parfois dans la souffrance et dans les larmes – toujours pour la vie. Et pour la joie.
©Yolande Nicole Boinnard 2009 |
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